La Porte Ouverte au quotidien 

Poursuivons la mise en pratique des leçons de « À la recherche de Dieu » (ALRDD), et abordons-en le chapitre 8, « la Porte ouverte ».

Les exercices suivants, extraits des ouvrages « Step by step » ou « Experiments », nous aideront à avancer dans la compréhension et l’application des principes de l’ouvrage de base.

S’il est préférable d’avoir sous les yeux ALRDD (ou la Revue N° 42), on peut néanmoins avancer avec profit sans eux, seul ou en groupe..

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« Tout comme le Père me connaît, ainsi puis-je connaître le Père, par l’Esprit du Christ, Porte de Son royaume. Seigneur, montre-moi la voie. »                                                                                                                                                                                                                                           [Lecture 262-27)

La porte du royaume du Père n’est autre que la Vie, l’Esprit de Vie, tel qu’il fut exprimé concrètement dans tous les actes du Christ. Cette Porte ne s’ouvre qu’à condition de tout mettre en œuvre, jour après jour, pour que grandisse et règne en nous l’état d’esprit qui inspira Ses actes.

Si le symbole de la porte apparaît pour la première fois en relation directe avec le Christ, ce n’est pas par hasard. En effet, qu’est-ce qu’une porte ? Une ouverture prévue dans une barrière de façon à pouvoir passer sans dommage. Le fait que la barrière existe montre qu’elle a une autre fonction : comme les murs d’une maison, celle de nous protéger.

Ce symbole de la porte s’applique aussi à la nature humaine, où une sorte de mur invisible sépare nos potentialités infinies de notre champ de conscience habituel. Et pour cause, car nous serions incapables de supporter l’abolition du mur sans deux dangers majeurs : celui d’être submergés par les immenses pouvoirs qu’il cache, et la tentation, dans notre ignorance, de les utiliser à des fins égoïstes. La porte dans ce mur a donc le grand mérite de ne pouvoir s’ouvrir que si notre évolution le permet, et de rester fermée sinon.

L’homme actuel sait aussi faire visage de bois : l’accès conscient à Dieu est, en lui, condamné ! Et comme, de ce fait, l’unité du monde lui échappe, il exprime tout en termes dualistes… C’est ainsi que le symbole de la porte fermée cadre bien avec le second centre spirituel, celui des cellules endocrines de Leydig, habituellement définies comme source d’hormone mâle ou testostérone, en passant sous silence leur finalité biologique : s’adapter parfaitement à leurs équivalents sexuels féminins, en vue d'une unité certes beaucoup plus vaste.

À l’inverse, le sixième centre spirituel (correspondant à la glande pinéale) peut, lui, être symbolisé par une porte ouverte, car il reflète l’esprit du Christ, où toute action exprime l’unité fondamentale de la vie.

En ce sens, il existe bien un lien particulier entre les cellules de Leydig et la glande pinéale (c’est-à-dire entre la fermeture et l’ouverture de la porte). Il est souligné par les lectures suggérant que le travail de méditation le plus efficace est de faire directement remonter l’énergie émanant des cellules de Leydig jusqu’à la glande pinéale, sans s’arrêter aux centres intermédiaires. L’énergie ainsi dégagée éveille le chakra- couronne (celui de la glande pituitaire), pour redescendre ensuite nettoyer les formes de conscience liées aux autres centres.

Bien que partant d’un tout autre point de vue, c’est aussi cette relation entre les second et sixième centres (ou chakras) que soulignent les recherches médicales sur le pouvoir qu’a l’hormone pinéale, ou mélatonine, d’inhiber la synthèse des hormones sexuelles par le système reproductif,, freinant ainsi l’action de la testostérone (produite par les cellules de Leydig).

Une autre confirmation que la Porte Ouverte symbolise la glande pinéale se trouve dans l’Apocalypse, ainsi que dans les lectures de Cayce désignant la sixième église (Philadelphie) comme étant ce centre :

« Écris à l’ange de l’Église de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clé de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira ; Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. »                                                                                                                                                   [Apocalypse 3 : 7-8] [1]

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Exercice

Pensez à quelque chose qui, dans votre vie, vous fait l’effet d’un obstacle infranchissable (il peut s’agir, par exempple, d’un problème relationnel, ou d’une difficulté personnelle à méditer). Notez-le par écrit, puis écrivez en regard les effets positifs, constructifs, que peut avoir pour vous ou sur vous cet obstacle (Ex. : cette personne m’oblige à travailler sur ma relation avec elle au lieu de la considérer comme acquise ; cet obstacle fait naître en moi de nouvelles idées pour le surmonter). Au cours de la semaine, cherchez les issues permettant de surmonter cet obstacle, et n’hésitez pas à les expérimenter. Sans croire que tout va se résoudre instantanément, restez cependant attentif aux multiples façons dont l’esprit du Christ vous parle à travers ces situations, et faites-en le compte rendu.

Exemple :

         Obstacle :                     Je n’aboutis à rien par la méditation

         Utilité de l’obstacle :    Il m’aide à devenir plus patient(e)

envers moi-même et plus persévérant(e)

         Issues :                         Je prends conscience que le Christ me

demande de lâcher prise, et de me

laisser guider par Lui dans la méditation.

 

« Si l’on ne pense qu’à soi, on a facilement tendance à se sentir trahi par la vie. »                                                                                      [ALRDD tome 1, p. 90]

La porte ne se ferme que dans la mesure où nous récusons notre unité de nature avec Dieu, et où nous nous accrochons à la certitude que notre vie n’a rien à voir avec celle des autres. Cependant, se croire seul détenteur de sa propre existence sans voir son unité avec toutes les autres fait de nous des êtres coupés du monde,

 ou rejetés.

Petit à petit, pas à pas, de principe en principe, un peu ici, puis un peu là, avançons vers la gloire du Père, sans nous faire valoir nous-mêmes : car si l’on s’exalte soi-même, ou que les désirs physiques passent pour nous au premier plan, la porte se referme.                                                           [Lecture 262-27]

Q. 10

Pourriez-vous m’en dire davantage sur cette parole : « Si les désirs physiques passent au premier plan, la porte se referme » ?

R. 10

Le soi étant, dans ce monde matériel, doté du libre arbitre tout en possédant de naissance la nature divine, il est inéluctable que le fait de donner à nos désirs terrestres la primauté sur notre être divin nous ferme immédiatement l’accès à la vie spirituelle ; c’est le soi qui commande cette fermeture ; Dieu est toujours disponible : l’Esprit ne rejette personne. C’est à nous qu’il appartient de réserver sa place à notre part divine non de façon passive, mais en l’intégrant pour de bon, activement, à notre vie, gardant ainsi ouverte en nous une porte par où Il puisse entrer.                                                                                                                                                                                                                                                        [Lecture 262-28]

Si l’on se sent floué, injustement lésé, c’est qu’on souffre d’être privé de ce à quoi l’on estime avoir droit. Or, se centrer exclusivement sur soi retranche de la source infinie d’abondance. On peut toujours en rejeter la responsabilité sur le monde extérieur, le croire à l’origine de cette frustration matérielle, alors qu’en fait c’est notre propre esprit qui la déclenche. Les lectures font ainsi allusion à la femme de Lot qui, perdant de vue la raison spirituelle de sa fuite hors des murs de Sodome, ne put s’empêcher de se sentir dépossédée, et mourut d’avoir regardé en arrière.

Q.1   Dans la lecture du 7 août, que signifie : « Ne regardez pas en arrière : souvenez-vous de la femme de Lot » ?

R. 1  C’est toujours vers l’avant qu’il faut regarder, car en contemplant la lumière, celle-ci dissipe les ombres qui, rendues au néant, ne peuvent plus entraver notre progression. Les pensées sont des actes, et même si le passé qui n’est plus peut encore servir de marchepied vers des lieux plus élevés, regarder en arrière peut tout faire basculer, comme périt la femme de Lot pour un regard de nostalgie vers des satisfactions limitées à la chair, dans l’oubli de sa vie spirituelle.                                                                                                                                                            Lecture 262-28]

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Exercice

Pensez à une époque de votre vie où vous vous êtes senti(e) frustré(e) à la suite d’un manque d’égards, d’amour ou de reconnaissance auxquels vous estimiez cependant avoir droit. Notez ces circonstances.

Puis voyez ce que vous ressentez lorsque la porte s’ouvre à mesure que vous remplacez ce mouvement de repli par une affirmation exprimant votre unité avec tout ce qui existe, et votre accès sans réserve à la source d’abondance infinie.

Trouvez-vous ensuite une courte devise à vous remémorer

 sans faute si jamais ce repli s’amorçait à nouveau.

Exemple :  Je me sens injustement traité(e) par la vie du fait d’être obligé(e) d’accomplir chaque jour des corvées ennuyeuses ou dégradantes. Les autres ont un travail passionnant, pas moi.

Devise :     Où que je sois et quoi que je fasse, Dieu sera glorifié à travers moi.

« Lorsque, mus par la foi, nous souhaiterions venir en aide aux autres, nous nous heurtons généralement à des forces adverses. L’égoïsme et la susceptibilité ne manqueront pas, dans la vie courante, d’occulter notre Idéal, s’opposant à une coopération pleine et entière avec nos semblables. »                                                                                                                                                                                                                                                             [ALRDD tome 1, p. 91]

Selon ce court passage, le fait de se sentir injustement traité(e) n’est pas seul à agir sur la porte : être trop susceptible peut aussi nous couper de plus hauts niveaux de conscience. Si nous avons constamment l’impression que telle remarque ou telle façon d’agir nous vise personnellement, cela veut dire en clair qu’en impliquant l’autre dans une relation de cause à effet, nous sommes retombés dans un dualisme mental synonyme de fermeture intérieure. Cette hypersensibilité, frisant la paranoïa, est le thème d’un ouvrage de Laura Huxley intitulé « You are not the target »[2], où elle dit que l’irritabilité ou la grossièreté des autres ne sont généralement pas dirigés sur leur cible apparente : dans la majeure partie des cas, la personne offensée n’a fait que se trouver là au mauvais moment, et ce genre de scénario est un des inconvénients de notre vie sur terre. On ne peut vivre avec les autres sans jamais avoir à pâtir de leurs côtés désagréables. Les gens sont souvent furieux contre eux-mêmes ou déboussolés par leur existence, et se défoulent sur quiconque passe à leur portée. Alors s’il n’y a pas moyen d’échapper à de telles scènes, évitons tout au moins de nous sentir visés.

Selon la Bible, être un avec la Loi permet de transcender les attaques des autres : « Grande paix pour les amants de Ta Loi, pour eux rien n’est scandale. » [3] Il peut aussi nous arriver d’être tournés en dérision pour avoir exprimé nos croyances, ou pour avoir agi dans la ligne du Christ : il est donc particulièrement important de ne pas pousser l’amour-propre au point de renoncer, par peur des quolibets, à ce qui nous est essentiel. Un des membres du premier groupe d’études de Cayce aborda un jour la question.

Q. 5  Donnez-moi s’il vous plaît, à propos de La Porte Ouverte, un message me permettant d’apporter ma contribution à cette leçon.

R. 5  Appliquez d’abord bien cette leçon de coopération : être de moins en moins égoïste, de plus en plus altruiste, en Lui. Si vous voulez ressentir Sa présence, faites abstraction de vous jusqu’à abandonner toute peur des moqueries, laissant ainsi votre être devenir un canal par lequel la gloire du Père puisse affluer vers eux, leur laissant entrevoir qu’il existe une gloire et même une Terre promise, un Israël du Seigneur.                                                                                                                                                                                                                                                                    [Lecture 262-29]

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Exercice

Donnez toujours aux autres le bénéfice du doute lorsque vous soupçonnez qu’ils ont fait exprès de dire ou faire quelque chose pour vous diminuer. Comportez-vous absolument comme si vous n’étiez pas concerné(e). Essayez alors de sentir en quoi l’abandon de toute susceptibilité permet d’ouvrir la porte à une compréhension plus large de la vie. Prenez note de ces expériences.

Exemple :     Au bureau, Jean passe près de moi en n’ayant pas l’air de me voir. Il détourne la tête et ne dit pas mot. Normalement, je me vexerais, mais je décide de le croire absorbé par un sérieux problème, qui le rend temporairement indisponible.

« Il faut ouvrir la porte si nous voulons que le Christ puisse entrer. Nous ouvrons cette porte lorsque, remplis de la pensée du Christ, nous manifestons Son amour autour de nous dans la vie courante. »                                                                                                                                               [ALRDD tome 1, p. 91]

Le premier objectif de ce travail au quotidien étant d’apprendre à extérioriser l’Esprit du Christ et d’en manifester les qualités, on ne peut qu’insister sur l’extrême importance d’ « agir » sa vérité spirituelle. C’est seulement par la mise en pratique assidue de notre idéal que nous pouvons insérer l’infini dans le monde « fini ». Lorsqu’on demanda à Cayce comment exprimer cela dans une leçon, les lectures suggérèrent d’insister sur le fait que ce sont les actes d’une personne qui font s’ouvrir la porte :

Ce que vous écrivez est bon dans les grandes lignes, montrant bien que seul un acte individuel peut ouvrir cette porte afin qu’elle signifie l’accès du Fils de l’homme, ou Sauveur, et la prise de conscience d’une réunification aux Forces Créatrices à l’œuvre dans le monde matériel.                                                                                                                                                                                                                                                      [Lecture 262‑28]

 

Avoir la tentation d’atermoyer, prétextant qu’il faut pour agir avoir au préalable un niveau de conscience plus élevé, est donc inadapté, le principe de toute progression spirituelle étant, à l’inverse, que seule la mise en pratique ouvre la prise de conscience.

On ne peut donc pas dire que l’état physique d’une personne résulte de son attitude mentale, ni que ses attitudes mentales découlent exclusivement de son état physique !

Car lorsqu’un équilibre normal est maintenu entre ces attributs : le physique, le mental et le spirituel, on s’aperçoit qu’ils se coordonnent, qu’ils coopèrent tous entre eux.                                                                                                                                                                                      [Lecture 1603-2]

La Joie, la paix, le bonheur qui peuvent nous appartenir résident dans ce que nous accomplissons pour les autres. Car c’est la compréhension des lois qui, à tous les niveaux, conditionne la juste façon de vivre qui met l’esprit au diapason des Forces Créatrices, indissociables de Sa Conscience. Et c’est la mise en pratique de ce que nous savons qui La fait naître en nous.                                                                         [Lecture 262-3]

Q. 2  Ai-je besoin d’avancer dans mon développement personnel pour pouvoir aider concrètement les autres ?

R. 2  C’est le fait de donner à d’autres, de les aider, qui crée le développement ; ce ne sont pas les comportements dont on peut dire du mal, mais de temps à autre un petit geste de bonté, une parole bienveillante, qui peu à peu, pas à pas, nous font recevoir tout autant que ce qu’ils donnent aux autres.                                                                                                                                                                                                              [Lecture 1742-2]

 

Il est un niveau de notre être où la porte est déjà ouverte : pour ressentir cette ouverture, il nous suffit de vivre de façon à pouvoir constamment l’expérimenter :

Ainsi, c’est en allant tout naturellement vers les autres dans cet état d’esprit que pour chaque âme, chaque entité, la porte s’ouvre, faisant croître et resplendir dans le monde l’esprit, glorifiant le Père, d’oubli de soi pour tous afin que sur cette terre, Son nom reste ancré à jamais.                                                                                                                                                                                                                                                         [ Lecture 262-27]

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Exercice

Selon vous, par quelles qualités se manifeste l’esprit du Christ ? Notez-les, puis choisissez-en une sur laquelle vous essaierez toute cette semaine de vous concentrer. Pensez alors à un secteur de votre vie où cette qualité vous serait particulièrement nécessaire. Prenez note des situations où vos tentatives pour l’exprimer auront été couronnées de succès.

« Si nous laissons nos doutes, nos insuffisances ou nos complexes s’insinuer en nous, la Porte se ferme de plus en plus, jusqu’à ne plus laisser filtrer le moindre rai de lumière susceptible d’éclairer la voie.                                                                                                                                   [ALRDD tome 1, p. 91]

Nous avons vu que l’impression d’être trahi par la vie et l’hyper-susceptibilité faisaient se refermer la porte, mais il peut y avoir à cette fermeture d’autres causes, telles que se sentir vide et seul dans le doute, le manque ou l’auto-culpabilisation. Il n’est alors qu’une seule issue : nous rattacher à la plénitude de la vie, sentir que la volonté de Dieu, à travers nos épreuves, est toujours que grandisse en nous la conscience divine dont nous avons besoin.

Mais lorsqu’on réussit à faire en sorte qu’une pleine confiance en Dieu envoie nos peurs au loin, on peut compter sur l’accomplissement de cette promesse : « Il sait ce qu’il vous faut avant que vous ne le demandiez. » Et à celui qui Lui fait confiance quand bien même le ciel s’écroulerait, quand bien même la terre disparaîtrait, Son soutien ne fera pas défaut. Ce sont les humains qui continuent d’agir comme si la seule chose importante au monde était de s’assurer que le jour du jugement ne soit pas pour demain. Ne savez-vous pas que celui qui veille à ce que son pied ne trébuche pas est sur le bon chemin, où le Père et le Fils le guident chaque jour ? Alors, n’attendez plus. Dès aujourd’hui, saisissez cette chance : votre privilège, votre appartenance divine, et œuvrez joyeusement à ce qui vous échoit !                                                          [Lecture 262-29]

Quand la porte s’ouvre pour nous, nous avons la brève vision de l’immensité de ce que nous sommes. Beaucoup d’écoles de pensée enseignent qu’à l’ouverture du sixième chakra, nous retrouvons la mémoire de nos vies antérieures. Ce centre est souvent figuré par un livre ouvert (journal de nos expériences en tant qu’âmes). Cependant la mémoire du fait que le Christ est avec nous depuis l’aube des temps, et continue de nous accompagner, est plus profonde encore. Le sentiment de vide (de doute, de manque ou de culpabilisation) disparaît lorsque, par la méditation, cette ancienne mémoire commence à s’éveiller en nous.

Q. 8  J’apprécierais un message au sujet de la Porte Ouverte.

R. 8  Avec ce que vous avez en main, ce que vous avez construit en vous jour après jour, ouvrez sans peur votre porte intérieure, afin qu’Il puisse entrer et rester avec vous : « Chez toi qui veux bien apprendre sous mon joug, je demeurerai jour après jour, rendant à ta mémoire toutes choses depuis la fondation du monde ; car dès le commencement tu étais avec moi, et tu peux y rester jusqu’à ce que la terre soit roulée sur elle-même tel un parchemin ; car le ciel et la terre passeront, mais ma parole ne passera point. » Ses promesses sont certaines : quant au chemin, vous le connaissez !                                                                                                                                                                                                           [Lecture 262-28]

 

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Exercice

À chacune de vos méditations, consacrez au moins deux minutes (au début ou à la fin) à susciter l’ouverture de la porte en vous concentrant sur le fait que le Christ a été et sera toujours avec vous. Au cours de la journée, si vous avez un passage à vide, ou si vous êtes saisi par le doute, le sentiment de manque ou l’auto-culpabilisation, retrouvez ce moment de présence divine.

« En agissant ainsi, nous ne nous contentons pas d’ouvrir une porte : en tant que canal, nous sommes une porte. N’oublions pas en effet, lorsque nous sommes immergés dans l’action, que ceux qui croisent notre route sont, comme nous, à la recherche de Dieu : ils sont l’Israël du Seigneur. »                                                                                                                                                                                                                                                   [ALRDD tome 1, p. 92]

Ce passage nous invite à bien prendre en compte deux points :

  • Le fait que chaque personne que nous croisons soit, comme nous, en recherche intérieure.
  • Le fait que sur l’humanité dans son ensemble, tout individu peut agir comme une porte ouverte,

le second point dépendant du premier. En effet, si nous ne voyons des gens que leur apparence extérieure, il peut nous sembler qu’ils sont loin de s’intéresser à l’éveil spirituel. Néanmoins, en avançant dans notre propre effort de perception des autres en tant qu’âmes, nous parvenons à saisir leur aspiration inconsciente vers une plus vaste dimension d’être. Ầ partir de là, nous voyons en quoi, à travers notre propre raccordement spirituel et notre désir de servir, nous pouvons devenir un levain pour l’ensemble des autres, une porte ouverte par où l’amour divin puisse être perçu par tous.

Ainsi, à titre individuel, prenez chacun conscience de ce pouvoir en Lui d’Être la porte, pour que tous deviennent à leur tour, en tant que transmetteurs, messagers, cette porte vers le chemin ; car c’est ainsi qu’elle s’ouvre…                                                                             [Lecture 262-29]

Et, comme Il l’a donné : « Je me tiens à la porte et je frappe. » Qui ouvrira ? Qui deviendra ainsi, pour d’autres, la porte d’accès ouvrant à la connaissance, à la conscience de l’unité du Fils avec le Père par l’exercice des attributs du Fils, du Père, dans sa vie personnelle ?                                                                                                                                                                                                                                                              [Lecture 262-28]

 

La meilleure façon d’être une porte pour les autres est de leur donner exactement ce dont ils ont besoin pour leur évolution. Cela suppose une sensibilité spéciale aux autres, une qualité d’écoute (du dit et du non-dit) par laquelle la guérison d’un seul va vers la guérison de notre société… c’est là une vision plus vaste de la porte.

… ainsi, entrer dans le royaume du Père est non seulement comprendre, suivre mais aussi être ce qu’il faut pour répondre à la nécessité d’instaurer dans le monde matériel un afflux permanent d’énergie spirituelle. On entre donc par cette porte avec le Sauveur, qui fait affluer dans la vie des autres l’énergie voulue et, en sauvant ceux-ci, nous sauve aussi nous-mêmes. Comment le Fils de l’homme a-t-il pris le chemin conduisant à la perfection au ciel et sur la terre ? Il a soumis les énergies de la nature et de la terre par le don de soi aux autres ; devenant le Sauveur des autres, il devint le Fils, ne faisant qu’un avec le Père.                              [Lecture 262-28]

 

 

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Exercice

Chaque jour, pendant au moins une semaine, faites un effort spécial pour découvrir et mettre en pratique les diverses façons de devenir pour les autres une porte ouverte. Essayez d’avoir l’influence appropriée pour qu’à travers vous, davantage de joie et de paix pénètre dans leur vie. Notez les moments où vous aurez réussi, en précisant le nom de la personne et ce dont vous avez senti qu’elle avait ce jour-là besoin pour progresser.

« C’est le bon plaisir du Père que d’offrir à chacun Son royaume, rien de moins. »                                                                                     [ALRDD tome 1, p. 93]

Une question essentielle à se poser à notre époque est la suivante : « L’énergie unique, universelle, de l’univers est-elle neutre, indifférente, ou fondamentalement bénéfique ? Autrement dit, la lutte entre le Bien et le Mal voit-elle ces deux polarités s’affronter à armes égales, ou bien découvrons-nous, en transcendant la dualité, une unique source d’Amour ? » N’hésiterions-nous pas à ouvrir la porte, si elle pouvait ouvrir aussi bien sur le Mal que sur le Bien ? Ce thème est illustré par le rêve d’un homme ayant participé pendant de longues années à un groupe d’études de recherche de Dieu.

« Je suis chez moi, et c’est la nuit. Retiré dans ma chambre à coucher, j’entends frapper à la porte annexe. J’ai peur, ne sachant pas si c’est ou non quelqu’un venu pour m’agresser. Je vais à cette porte, mais reste en retrait pour voir, sans être vu, qui est là. J’aperçois seulement une silhouette masculine, mais ne parviens pas à l’identifier. Effrayé, je refuse d’ouvrir la porte. Je commence alors à me réveiller. Juste avant, l’idée me vient que cet homme aurait bien pu être Jésus. »

Appliqué à notre propre vie, ce problème pourrait se poser ainsi. Imaginons les enjeux profonds d’une relation avec quelqu’un qui nous est cher. Comment interpréter les moments difficiles de cette relation ? S’agit-il de tests pour vérifier notre capacité de maîtriser les émotions qui nous lient à la terre ? Ou encore de tests destinés à prouver que nous sommes capables d’être fidèles à un idéal lorsque nous sommes dans le monde de la Forme (car alors, nous aurions peut-être une chance d’être également fidèles confrontés au Sans-Forme) ? La preuve de notre capacité serait-elle de refuser de répondre en disant : « Eh bien, les deux ! »

En fait, la vraie question est pour nous la suivante : Cette personne que j’aime, et à laquelle cependant je me heurte, est-elle le Tentateur (la Tentatrice), ou un cadeau divin me donnant l’occasion de démontrer ma fidélité à un Idéal ? Le défi n’est pas tant d’étiqueter la personne dans un sens ou dans l’autre. Ce que nous devons déterminer, c’est notre façon de voir la vie. S’agit-il d’une série d’épreuves établies par Dieu pour voir si nous allons trébucher (l’autoritariste en nous s’empresse d’approuver : « Oui, nous devons gagner de haute lutte notre accès à Dieu »), ou nos vies sont-elles dirigées par une Force essentiellement bonne et pleine de grâce, tandis que nous sommes seuls responsables de la scission de cet amour inconditionnel en catégories opposées (Bien/Mal ou Tentateur/Sauveur) ?

Le message que Dieu nous adresse à travers Jésus est qu’il n’est qu’une seule énergie, le Bien. C’est celle de la vie. Peut-être toutes les circonstances ne nous semblent-elles pas bonnes, mais l’élan de la vie va dans le sens de l’âme.

Dans la manière de conduire un tel travail, on voit qu’il y a eu des moments où il semble que du mal ait été fait pour qu’il en sorte un bien. Souvent, l’étude des actions humaines est un enseignement dans ce sens : apparemment, toutes les forces de l’univers sont capables d’entrer en jeu pour qu’en définitive, le bien puisse aboutir…                                                                                                                                                           [Lecture 254-31]

Le Mahatma Gandhi enseignait la même chose. Lorsqu’il eut à déterminer si la force qui menait le monde était bienveillante ou malveillante, il décida qu’elle était « purement bienveillante ». Il écrivit que pour lui, la preuve en était que même au cœur de la mort, du mensonge et de l’obscurité, on trouvait encore la vie, la vérité et la lumière, et que les forces du bien ne pouvaient être détruites par leur contraire. Il conclut en disant que Dieu est « le Bien suprême ».

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Exercice

Considérez la vie comme étant essentiellement bonne. Faites chaque jour, pour une semaine, des choix qui reflètent votre conviction que Dieu est bon, que son plus profond désir est qu’il ne vous advienne que du bien. Notez les décisions que vous prenez dans cet esprit.

« Si le doute survient, voyons-y une invite à la prière. »        [ALRDD tome 1, p. 94]

Un des plus grands courants de la psychologie moderne est le behaviorisme. Il traite d’une voie selon laquelle des réponses données peuvent être déclenchées par des stimuli spécifiques. L’exemple classique en est le réflexe de Pavlov, où un chien fut entraîné à saliver dès qu’il entendait une cloche. Les humains eux aussi ont acquis des réflexes conditionnés, que l’on pourrait nommer leur karma.

Le petit extrait ci-dessus de la Recherche de Dieu suggère lui aussi une réponse spécifique à l’aiguillon intérieur du doute : la prière. A priori, il peut paraître difficile de prier dans de tels moments, surtout si le doute porte sur Dieu. Nous devons cependant nous souvenir qu’apprendre tout nouveau modèle de réponse suppose que l’on aille à contre-courant de notre inclination, ce dont, évidemment, nous n’avons nulle envie. C’est pourtant l’exemple-type d’une situation où l’expérimentation est particulièrement intéressante, car elle consiste à essayer de faire, juste pour voir, ce qu’autrement nous n’aurions jamais fait. La promesse est claire : lorsque nous traversons des périodes de doute ou de bouleversement, le Christ est toujours là, prêt à soutenir notre prière.

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. »[4]

L’importance de la prière est encore soulignée par le passage suivant, extrait de l’ouvrage de P.W. Martin Experiment in Depth[5], page 167 :

« Avant tout, il est vital de se recentrer et de prier chaque fois –et cela ne peut qu’arriver tôt ou tard- que tout le substrat de la vie semble s’écrouler, qu’il s’agisse de vie extérieure, de vie intérieure, ou des deux à la fois… Il s’impose alors de démarrer le processus d’intégration et de consolidation avec la même puissance et la même rapidité que celui qui vise à nous désintégrer. Et pour cela, il faut se recentrer et prier, descendite ut ascendatis  (descendre en soi afin de remonter) : c’est le seul moyen efficace. »

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Exercice

Chaque jour, pendant au moins une semaine, substituez la prière à toute expérience de doute. Ces doutes peuvent porter sur vous-même, sur les autres ou sur Dieu. Notez les circonstances où, étant en proie au doute, vous avez réagi par la prière.

 

[1] cf. Bulletin n° 20 (Automne 1996) page 18

[2] (Leur cible, ce n’est pas vous !)

[3] Psaumes 119 : 165

[4] Apocalypse 3 : 20

[5] (Expérimentation de la profondeur)